Le retour en France approche et le week-end dernier, nous sommes allés faire nos adieux à Nkekak… On n’y est pas resté longtemps, 24 heures chrono, faute de temps, et parce que la saison des pluies a commencé tôt cette année et la moindre goutte transforme la piste en patinoire de boue.
Pourtant, en une journée et une soirée, il s’est passé beaucoup de choses : François a été notabilisé et il a gagné le nom de Nfo’ekah (Chef Lumière), et moi j’ai rencontré une Flora africaine, née un jour après moi (le 6 mai), il y a un peu plus d’un mois : elle est mon homonyme.
Et puis nous avons dû vite repartir, avant que l’orage ne « nous menace », avant que la nuit ne tombe …
On était tellement tourneboulés et pressés que nous n’avons même pas dit un vrai au revoir aux habitants de Nkekak ! Pourtant, nous savons qu’une fois les hommes absents, ce sont les mots qui restent.
Alors, je voulais écrire une petite chose, et notre chère Gisèle transmettra.
Chers Nkekakiens, Nkekakois, Nkekakais …
je ne sais pas comment on dit, bref – Chers amis,
Vous nous avez préparé une vraiment jolie surprise en nous considérant comme des enfants du village, et surtout, en faisant de François un Fon, un « grand » de chez vous.
Jamais encore vous n’aviez permis à un étranger de devenir un notable, et pour nous, vous avez fait une exception.
Vous avez fait une petite entorse à la tradition. Je ne sais pas si c’est une chose souhaitable dans l’absolu, mais, en ce qui nous concerne, lorsque nous serons de retour en ville, dans la « modernité », nous ne l’oublierons pas !
| Intronisation de Nfo'ekah |
Nous allons garder précieusement le chapeau noir, le chasse mouche et la corne. Et puis - nous vous le promettons ! – si nous rencontrons un jour notre Président (on espère que ce ne sera plus Nicolas Sarkozy !), Fon « François » Nfo’ekah n’enlèvera pas son couvre-chef devant lui !
Nous avons été vraiment émus de la cérémonie que vous avez préparée et nous n’avons qu’un seul regret : nous n’avons pas assez dansé avec les ékalés Mbo.
| les ékalés Mbo (masques) |
Nous savons qu’il est inutile de demander qui se cachait derrière ces masques, mais nous avons tout de même une question importante : pourquoi avez-vous choisi d’appeler François « Nfo’ekah » (Chef Lumière ?) ??
Merci à tous les notables pour nous avoir rendu hommage et nous avoir accepté parmi eux : les deux chefs de Nkekak et Nsinguem, Ta’Nfon, Papa Jo, Papa François, Innocent, Papa Thomas et Papa Joseph, et tous les autres dont les noms nous échappent…
Il y avait une autre surprise pour moi lorsque nous sommes arrivés au village : Aristide et sa femme ont eu une petite fille et ils l’ont appelée Flora ! Je suis très heureuse de connaître cette petite homonyme Mbo. Elle est si minuscule aujourd’hui, mais je suis sûre que dans quelques années, elle sera bien plus robuste que moi.
| ékalés Mbo (masque enfant) |
Nous voulons aussi embrasser encore une fois la Maman de Gisèle qui nous a toujours fait un si bon accueil. Nous emportons l’image de son sourire et de son visage plein de gentillesse. Brigitte, il faut te citer dans les remerciements aussi … nous avons remarqué que tu étais toujours là à travailler dans la cuisine quand nous venions, de peur qu’on ne meurt de faim ! Vos deux dernières filles, à Adalbert et toi sont bien jolies et Maton – Madame Coach – était la seule petite à oser venir s’installer sur mes genoux ! Je l’ai beaucoup aimée. Il y a aussi toutes les mamans qui sont venues nous donner des kokis, des mets pistaches, des boules de couscous et des bonnes sauces … et même un Poulet (merci Maman de Georgette !). Bref, nous avons pu goûter de bien bonnes choses dans la petite cuisine pleine de fumée. Même si je ne comprenais rien à ce que vous disiez en mbo pendant ces soirées, j’ai toujours pensé que la cuisine, avec les autres femmes, était l’endroit le plus agréable.
| Nfo'ekah sort de la pièce ou il a été initié |
Nous garderons aussi le souvenir des moto-men, qui nous ont emmené plusieurs fois sur la piste, en utilisant la force de leur jambe pour passer les endroits périlleux : Daddy, Joker, Yves, Achille … encore une fois, nous en oublions ! En matière de transport, merci Amélie d’avoir gardé notre voiture à Santchou … et de nous avoir offert les trois beaux canaris que nous ferons rentrer de force dans nos bagages !
Fon Ebénezer, j’espère que tu vas continuer à prendre soin de la bibliothèque et que tu vas contribuer à la faire vivre, avec l’aide de tous ceux qui ont aidé à la construire : Aristide, Clovis et j’en oublie … Merci à vous tous !
| Ebénezer dans la bibliothèque |
Enfin, merci aux instituteurs de Nkekak, de Ntiem et de la mission catholique, qui ont interrompu leurs cours de nombreuses fois lors de nos visites et ont parfois préparé de jolies chansons et comptines !
Et puis, même si nous n’avons pas retenu tous les prénoms, nous nous souvenons bien des visages et des poignées de mains. Tout cela a été très riche et précieux à nos yeux. Nous partons en France, mais nous resterons un peu les enfants de Nkekak.
| Panier et chasse-mouche, à la même ancienne qu'une maman de Nkekak |
Gisèle, tu viens en dernier, mais tu connais toute notre gratitude et notre amitié. Toi, nous te reverrons sans doute et tu seras notre messagère pour prendre et donner des nouvelles.
| Gisèle va faire une distribution de fourniture scolaire aux enfants des écoles |
Un grand merci à tous, un grand salut amical,
Flora et Nfo’ekah











































